Le Bonheur de Vivre En Commun – Daniel Guichard – letras

Elle habite au premier étageElle est charmante, elle n’a pas d’âgeElle est gentille, elle est dévouéeElle s’occupe de tout le quartierMais le soir dans sa cuisineElle fait des lettres anonymesElle découpe de vieux journauxCe qu’elle écrit n’est pas très beauCar depuis mille neuf cent quaranteElle a la mauvaise habitudeD’être à ce point si médisanteQue plus personne n’a de quiétudeSi par hasard elle vient chez vousPour dire bonjour, pour bavarderFermez la porte, asseyez-vousElle n’est pas prête de s’en allerLe bonheur de vivre en communC’est de critiquer les voisinsC’est pas grand-chose, c’est presque rienMais bon Dieu qu’ça fait du bien !II habite au troisième étageDepuis le jour de son mariageC’est un faux cadre plein d’avenirL’ intelligence dans le sourireTous les matins à la même heureIl part de chez lui en autoII sait qu’il en a pour deux heuresMais il déteste le métroSa voiture, c’est sa maîtresse,Son défouloir, son horizonBien sûr faudra payer les traitesOn mangera moins à la maisonSa femme voulait un frigidaireAlors gentiment, il a dit »C’est tous nos week-ends en hiverQue tu veux qu’on passe à Paris ? »Le bonheur de vivre en communC’est de critiquer les voisinsC’est pas grand chose, c’est presque rienMais bon Dieu qu’ça fait du bien !Il habite au sixième étageDans un studio avec chauffageIl dit qu’il est décorateurLes autres disent qu’il est coiffeurChez lui, pas de problème de fillesIl ne reçoit que des garçonsIls ont tous un air de familleIls sont très grands, ils sont très blondsIl est gentil, il est aimableIl est très propre et parfuméCeux qui ont mangé à sa tableDisent qu’il est très raffinéLe samedi, il fait des surboumsOn dit qu’il a une drôle de vieQuoi qu’il en soit, où qu’il se tourne,On ne sait pas grand chose de luiLe bonheur de vivre en communC’est de critiquer ses voisinsC’est pas grand chose, c’est presque rienMais bon Dieu, qu’ça fait du bien !J’habite aussi cette maisonJ’n’y suis pour rien mais c’est comme çaMais maintenant, j’ai des soupçonsSur ce qu’on vous dira de moiLe bonheur de vivre en communC’est de critiquer ses voisinsC’est pas grand chose, c’est presque rienMais bon Dieu qu’ça fait du bien !

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